FR Discussion générale sur les lolcows francophones - Ou vachettes... ou vachalols...

Prince Jello

kiwifarms.net
Je me permets de proposer une vachette québécoise - je n'ai jamais rédigé d'OP, alors je vais tenter de formater les infos pour que ce soit lisible.

Anne Archet
Principalement active sur Twitter , sur Facebook et sur ses blogs, et se revendique fièrement comme féministe anarchiste, nymphomane, pornographe et "pourvoyeuse de propos malaisants". Comme elle a des publications officielles auprès de la maison d'édition du remue-ménage, elle possède sa propre page Wikipédia. On pourrait lui pardonner son besoin d'attention constant et son obsession pour la provocation si elle n'avait pas plus de quarante ans.

Court extrait de sa biographie :
"Anne Archet est née à Montréal en 1977 d’une mère québécoise et d’un père chinois qu’elle n’a jamais connu. Elle s’est découvert précocement une passion pour les curiosa quand elle a hérité de la collection de livres interdits de son grand-père, un notable conservateur qui vivait dans l’ombre son obsession pour le stupre et le vice. Elle tient son journal intime depuis qu’elle a appris à écrire et se consacre à la littérature érotique depuis la puberté. Pionnière du web, on pouvait lire ses textes pornographiques sur sa page personnelle de 1998 à 2003, puis sur le blog Lubricités / Les cahiers d’Anne Archet qui était à cette adresse de 2003 à 2019 (jusqu’au moment où une panne de serveur l’a convaincue d’enfin tourner la page). Diplômée en histoire et en philosophie, elle a bu jusqu’à la lie la coupe amère de la vie universitaire et de l’enseignement; elle se consacre maintenant à des activités plus saines: quelques piges, quelques contrats de révision et de rédaction, des rapines, des chapardages – bref, le moins de travail possible."

(Note : j'en déduis qu'Anne Archet est un pseudonyme puisque je n'ai trouvé aucune info sur la période où elle aurait été enseignante. De plus, le journal culturel (si je peux l'appeler ainsi) Le Devoir a publié une chronique à son sujet en l'appelant "l'anonyme Anne Archet".)

Évidemment, on peut se demander: en quoi est-elle divertissante ?
1) Anarchie et abolition de la société
(Extraits de la FAQ de son blog Flegmatique)
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Les images parlent d'elles-mêmes; apparemment, la société, le capitalisme et le progrès sont la source de tous les maux, et il suffirait d'abolir toute forme d'État, de gouvernement et de forces policières pour que le monde soit en paix.

"Death to Canada" :
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Fidèle à ses principes, elle encourage aussi le vol à l'étalage à l'occasion du 12 août, journée du livre québécois :
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2) Nymphomanie, récits érotiques et propos malaisants
Archet se définit elle-même comme nymphomane et "pansexuelle, parce qu'elle est woke as fuck". Apparemment, si elle ne répond pas aux commentaires sur son blog, c'est parce qu'elle est "trop occupée à baiser". Chaque fois qu'elle le peut, elle se plaît à rappeler à ses followers qu'elle A) a publié des récits érotiques, B) aime le sexe, le BDSM et le femdom, C) s'est déjà retrouvée dans une triade polyamoureuse. Encore une fois, on peut souligner que des vaches accros au sexe, il y en a des centaines sur le site, mais venant d'une femme de quarante ans qui tente par tous les moyens de se faire remarquer dans la scène culturelle et littéraire québécoise, c'est assez navrant.

Par le passé, elle a reçu plus d'un bannissement sur Facebook pour cause de propos obscènes et le porte comme un badge d'honneur.
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Extraits de ses écrits pour les curieux (et ceux qui n'ont pas envie de parcourir son blog) :
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Apparemment, enseigner la littérature érotique devrait être obligatoire au cégep :
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Dédicace de l'un de ses livres :
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Et, bien sûr, aucune triade polyamoureuse n'est complète sans un diagramme :
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Conclusion
Elle est plutôt inoffensive, somme toute, et ne cherche qu'à se faire remarquer par la provocation. D'ailleurs, elle adore recevoir ce qu'elle considère des "commentaires haineux" ainsi que des bannissements/avertissements sur Facebook. On notera tout de même que son dernier livre, Perdre haleine, a été ajouté au corpus d'un cours à l'Université du Québec à Montréal, ce qui lui donne une certaine visibilité sur les réseaux sociaux malgré son anonymat.

Liens pertinents :
Ses ebooks gratuits : https://archet.net/ebooks/
Blog principal/officiel : https://archet.net/blog/
Blog de récits érotiques d'une qualité douteuse : https://comtessedecadente.wtf/
Blog de textes variés : https://flegmatique.net/
Blog où elle relate les aventures de sa triade polyamoureuse : https://viedelicorne.blog/
 

Opleak

kiwifarms.net
Son pseudo est peut-être un jeu de mot avec anarchie.

On avait parlé de l'ex d'Usul, voici quelques extraits de son profil d'escort, commençons par quelques photos de la beau.elle :
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Des stats de vrai mâle trans :
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Présentation de quelqu'un de sain :
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Et enfin, des commentaires clients mitigés :
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LeCoq

kiwifarms.net
Ton post a suscité mon intérêt @Prince Jello. Alors j'ai militarisé mon autisme ou fait des recherches comme le disent les gens normaux. Voici ce que j'ai découvert.

Premièrement, elle avait un vieux site web aux adresses suivants: http://annearchet.brinkster.net/faq.htm et http://anne-archet.com/. Fort heureusement pour nous, le site a été archivé maintes fois avec web.archive.org . On y découvre que Anne Archet est belle et bien un pseudonyme. Outre le fait que ce soit un jeu de mot évident — Anne-Archet, Anarchie —, elle l'a confirmé dans une FAQ. Je cite:
Anne Archet existe-t-elle vraiment ? \\ Attendez que je me pince... AIE! Pas de doute, j'existe. Les petits futés ont toutefois déjà deviné qu'Anne Archet est un pseudonyme. Bravo ! Vous avez compris que j'aime les mauvais calembours.

Deuxièmement, elle a garni une galerie photo sur son site. Aujourd'hui, lorsqu'on recherche « Anne Archet » sur Google Image, nous n'avons que des photos d'une asiatique qui pourrait être n'importe quel chinoise canadienne. Cependant, en date du 5 octobre 2002, elle y avait partagé 45 photos dont certaines avec ses amis, sa copine et même sa mère. Les légendes recèlent une bonne quantité d'information personnelle. C'est ironique de la part de la fille qui se surnomme sur Twitter La femme invisible.
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Légende : Me voici, prise en photo par un photographe de centre d'achat...
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Légende : Partie faire des courses
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Légende : Encore moi
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Légende : Au début d'une soirée bien arrosée...
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Légende : En Chine, en compagnie de Lin...
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Légende : C'est le printemps
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Légende : C'est l'été
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Légende : Photographiée par une copine artiste
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Légende : Aux Philippines, avec deux copines
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Légende : Avec Marie et Nadine
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Légende : Encore aux Philippines...
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Légende : Avec mon amie Hélène
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Légende : Avec mon amie Kiki
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Légende : Avec ma grande amie Marie
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Légende : Avec Nicole, ma mère
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Légende : Encore avec Marie
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Légende : Enrichissant l'État au Casino de Montréal
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Le lien de l'original, dans l'archive, est brisé. C'est la miniature de la galerie.
Légende: À Hong-Kong, devant un temple
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Légende : À cinq ans
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Légende : Encore à cinq ans
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Légende : Encore et toujours moi
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Légende : Janvier 2001, je viens d'avoir 24 ans
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La lien de l’orignal est brisé.
Légende : Avec ma petite maman
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Légende : Sur le point de sortir avec ma copine Kiki
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Légende : Prenant un peu de soleil
Simone Bechara, mon amoureuse...

Légende :
Simone Bechara, mon amoureuse...
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Légende : Simone Bechara, mon amante...
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Légende : Pensive et mystérieuse...
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Légende : Toujours séduisante...
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Légende : Élégante et raffinée...
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Légende : Pleine d'humour et d'intelligence...
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Légende :
Simone, la femme de ma vie
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Légende : Simone et Christine
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Légende : Mon amour et moi
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Légende :
Acompagnées par Louis, un copain artiste
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Légende : Avec Louis et Jon
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Légende : Dans l'intimité
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Légende : Surprise alors qu'elle mangeait un hamburger en cachette. Yeurk!
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Légende : En compagnie de notre ami Pablo Marx
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Légende : Fêtant Noël avec mon amante...
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Légende : Au marché....
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Légende : Lors de notre dernière escapade à New York
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Légende : En vacances
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Légende : Hiver 2001, à Tremblant
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Légende : Hiver 2001, à Tremblant

Troisièmement, elle a publié une biographie incroyable digne d'une fanfiction écrit par un gosse de 13 ans. Je vous invite tous à la lire pour vous marrer.

Naissance
Je suis née au cours des années soixante-dix à Montréal, dans la province canadienne de Québec. Ma mère Nicole, qui avait quitté son Outremont natal pour aller étudier la sociologie à l'UQAM, s'était entichée d'un barbu maoïste, en grande partie pour faire chier son père. Malheureusement pour elle, ledit barbu l'a plaquée le jour où la Ligue communiste (marxiste-léniniste) du Canada l'a contraint à choisir entre l'amour et la lutte des classes. Pour oublier son malheur, elle est partie pour quelques mois en stage à Beijing. De façon surprenante, la Chine s'est avérée un excellent endroit pour oublier un maoïste, puisqu'elle me ramena au Québec dans sa matrice. On peut ainsi me considérer comme le résultat d'une amitié sinoébécoise particulièrement bien célébrée.

De mon père, je sais bien peu de chose, à par le fait que j'ai hérité de ses yeux, de sa peau et de ses yeux. Ma mère, pas très douée pour les langues, ne se souvient même pas de son nom. Tout ce que je sais, c'est qu'il était grand, mince, et qu'il avait une tristesse au fond du regard. Je sais aussi qu'il travaillait comme employé subalterne au commissariat du peuple aux affaires étrangères. Si quelqu'un parmi les 700 millions d'hommes chinois se reconnaît, qu'il me fasse signe... (on peut rêver).

Enfance
J'ai donc été élevée par ma mère, qui pour subvenir à nos besoins a été successivement journaliste à la pige, libraire, travailleur sociale, éleveur de moutons, cultivateur de pot, sage-femme clandestine, naturopathe, phytothérapeute et homéopathe. Comme elle changeait tout aussi souvent de chum et de résidence, j'ai été trimbalée d'un bout à l'autre du Québec pendant toute mon enfance.

Mon premier souvenir d'enfance remonte à l'âge de trois ans. Je me souviens avoir joué avec les moutons que ma mère élevait dans une commune rurale des Cantons de l'est. J'accompagnais souvent ma mère dans ses activités professionnels et aimais beaucoup fréquenter les adultes, sauf bien sûr mes nombreux beaux-pères successifs, que je trouvais aussi épais les uns que les autres. Je n'ai eu que très peu d'amies de mon âge. Comme les déménagements de ma mère me permettaient rarement de fréquenter une école assez longtemps pour commencer à me faire des amis, j'eus une enfance plutôt solitaire.

J'étais une enfant rêveuse, timide et réservée. J'aimais beaucoup la marelle et le dessin, mais ce que je préférais, c'était de passer de longues heures à rêvasser. Et l'objet principal de mes rêves était mon père. J'harcelais littéralement ma mère, lui soutirant tous les détails, tentant de reconstituer son visage dans ma tête. Je finis d'ailleurs par avoir une idée à la fois précise et fantasmatique de mon père, lui donnant une voix, une personnalité, une odeur, même. Ce portrait, longtemps retravaillé dans mon imagination, me devint si familier que j'étais convaincue de pouvoir le reconnaître immédiatement, dans la rue, ou sur Place Tienanmen...

Adolescence
Je quittai l'enfance à l'âge de douze ans. Ma granole de mère, ayant amassé un pécule suffisant pour s'établir à son compte, ouvrit une boutique d'alimentation naturelle en banlieue de Montréal. Malgré le marasme économique ambiant de l'époque, elle fit rapidement des affaires d'or, en grande partie grâce à l'appétit insatiable des baby-boomers pour les tisanes de ginseng et les capsules de luzerne. Ma vie changea du tout. Si mon enfance avait été nomade, mon adolescence devint sédentaire. Nous nous installâmes dans un bugalow de banlieue entouré d'une clôture blanche et d'une pelouse que ma mère entretint d'un soin méticuleux. L'ex-hippy chick s'était finalement embourgeoisée.

Autre changement important, je fis au même moment mon entrée dans la méga-polyvalente locale. L'éducation en banlieue s'apparente étrangement aux commerces qu'on y construit : grande surface, grande capacité d'accueil, bas prix qui compensent pour le service impersonnel. Le souvenir de cet environnement en béton armé me donne encore aujourd'hui froid dans le dos. Il ne manquait que barbelés et miradors pour se sentir en prison. Et comme si ce n'était pas suffisant, j'eus mes premières menstruations le jour même de la rentrée. L'horreur.

Je me rappelle avoir beaucoup pleuré au cours de cette première année d'études secondaires. Tout me semblait froid, absurde, inhumain. Les règlements de l'école, contraintes plus stupides les unes que les autres: interdit de parler, interdit d'aller pisser sans passeport, interdit de réfléchir, interdit de vivre. Les professeurs, incompétents et blasé. Les filles, mesquines, compétiteurs, ne jurant que par la popularité. Les garçons, bêtes, cruels et immatures. Mes rares copines avaient le même statut que moi, des immigrées, des solitaires, des bâtardes.

Mon refuge était la lecture et je m'y adonnais avec passion, avec rage presque. Les meilleurs moments de mon adolescence se sont déroulés au sous-sol, dans le grand fauteuil près de la bibliothèque de ma mère. Comme elle me laissait lire tout ce que je voulais, j'y ai découvert Rabelais, Dante, Blazac, Tolstoï. Ma mère possédait également des copies des Onze mille verges de Guillaume Apollinaire, de la Philosophie dans le boudoir de Sade, de l'Histoire de l'oeil de Georges Bataille, lectures peu recommandables pour une jeune fille de mon âge, qui ont d'ailleurs servi de toile de fond à mes premiers attouchements auto-érotiques.

Mes explorations de l'époque n'étaient toutefois pas limités à mon entrejambe. Je me mis aussi en quête de tout ce qui pouvait me rattacher à mon père. J'entamais l'étude du mandarin, langue que je maîtrise encore mal, et me passionnai pour le taoïsme, séduite par l'irrésistible esprit de liberté de Lao Tzu et Chuang Tzu. Ma pratique du Tai Chi et du Kung Fu remontent aussi à cette époque.

Ma vie connut un tournant inattendu l'année de mes quinze ans. Mon grand-père maternel, juge à la retraite plutôt grognon que je n'ai rencontré que trois fois, mourut d'une attaque cardiaque. Ma grand-mère étant morte et ma mère ayant été déshéritée à la suite de ses frasques maoïstes, je me retrouvai unique héritière d'une somme considérable. Grâce à la perspicacité financier de ma mère, qui géra ces argents jusqu'à ma majorité, je suis devenue rentière. Mes revenus d'intérêt ne sont pas mirobolants, mais ils me permettent encore aujourd'hui de vivre une vie indépendante.

C'est également à quinze ans que je me mis à avoir des seins et des prétendants. Je devins l'objet d'avances plus ou moins subtiles de garçons plus ou moins boutonneux, aux hormones en furie. On aurait dit que plus ils me dégoûtaient, plus ils étaient insistants. Si je connus mon premier baiser, mes premières caresses, mon premier orgasme et mon premier chagrin d'amour, ce ne fut pas grâce à eux mais grâce à Julie, mon premier amour. Elle avait dix ans de plus que moi et je l'avais rencontrée dans ma classe de Tai Chi. Elle était blonde, grande, gracieuse, d'une intelligence perçante et d'un humour corrosif. Elle me fit découvrir le jazz, l'art contemporain, les surréalistes, le féminisme et le cunnilingus. Mais encore plus important, elle me fit cadeau d'un livre qui a marqué ma vie : Ainsi parlait Zaratoustra. J'ai découvert Nietzsche en compagnie de Julie, qui m'expliqua l'éternel retour, la sculpture de soi, le surhomme. Elle m'apprit la valeur de l'individu lorsqu'il abandonne la morale d'esclave et agir en accord avec sa volonté de puissance.

Notre relation prit brutalement fin lorsqu'elle partit étudier en France. J'appris que son départ était moins motivé par son désir d'apprendre que par celui d'aller rejoindre son amante, une stagiaire qu'elle avait rencontré à l'université. Ce fut un douloureux chagrin d'amour, comme tous ceux des adolescentes, tragique, apocalyptique. Je lui écris des lettres à l'encre de feu, de je déchirais en pleurant avant d'avoir la chance de les poster. Je restai hébétée pendant près de deux mois, jusqu'à ce que la dégradation de mon dossier scolaire m'obligea, par fierté, à relever la tête.

Je me suis guérie de Julie avec l'aide complice de mes copines Marie et Nadine, rencontrées à cette époque. Nous formions alors le trio des gouines de l'enfer! À partir de ce moment, j''ai vécu jusqu'à l'âge de 17 ans avec la certitude d'être lesbienne. À l'annonce de mon orientation sexuelle, ma mère fut offusquée, inquiète, puis déçue, mais se fit rapidement une raison. Quant à moi, j'avais trouvé ma voie, j'étais une gouine nietzschéenne et fière de l'être. Décidée, comme Zaratoustra, de vivre à l'extérieur du troupeau plutôt que de le suivre, j'entrai en rébellion ouverte contre mon école, ses règles et ses rituels. En compagnie de Nadine et de Marie, j'envoyais promener garçons, profs, surveillants et directeurs, insultai publiquement l'animateur de pastorale, mis le feu aux billets-pipi, écrivis "Vous êtes tous des esclaves" sur un mur de l'école et plusieurs autres actions ludiques du même acabit. Malgré toutes ces frasques, je continuai d'obtenir d'excellents résultats scolaires, ce qui n'allait pas sans enrager mes professeurs. J'aimais particulièrement ridiculiser mon prof de français, un jeune homme fort sympathique au demeurant, mais analphabète fonctionnel. Rétrospectivement, j'aurais pu me montrer plus gentille, mais que voulez-vous, l'imbécillité heureuse et l'ignorance satisfaite d'elle-même me mettent hors de moi.

J'accumulai retenues, mesures disciplinaires et suspensions et ma mère devint une habituée du bureau du directeur. Non sans lui déplaire, puisqu'elle l'a marié l'été passé. J'ai donc servi de témoin à la femme de celui qui m'a expulsé de son école en me traitant d'asociale irrécupérable. La vie est étrange, n'est-ce pas ?

Études collégiales

Le dernier temps fort de mon adolescence fut le bal des finissants, où par provocation j'ai roulé un patin d'enfer à ma copine Nadine sur la piste de danse, causant tout un émoi auprès des petits bourges qui nous observaient, scandalisés. La semaine suivante, je quittai la banlieue et le foyer maternel pour emménager avec Nadine et Marie, dans un appartement à Montréal. Je commençai mes études en sciences humaines dans un collège montréalais en septembre 1994, et me présentai à mon premier cours (philo) pleine de l'assurance et des certitudes acquises depuis ma relation avec Julie. Lorsque le professeur entra dans la classe, toutes mes certitudes s'écroulèrent.

J'étais stupéfaite, comme foudroyée. J'avais devant moi la matérialisation exacte et précise du fantasme de mon père. La taille, le visage, la démarche, même la voix, tout concordait avec l'image que je m'étais formée au cours des années. Abasourdie, littéralement pétrifiée sur mon pupitre, j'en oubliai même de répondre lorsqu'il fit l'appel des présences. Ce n'est qu'au moment où il se présenta à la classe que je réalisai qu'il ne pouvait s'agir vraisemblablement de mon père, premièrement parce qu'il était Vietnamien et parce qu'il était beaucoup trop jeune. N'empêche, je n'arrivais pas à me faire une raison, la ressemblance était trop frappante.

La suite du cours s'avéra être à la mesure de mes espérances. Après avoir distribué les plans de cours, il écrivit avec application "Trang Anh Nguyen, philosophe" au tableau, puis retira ses lunettes, grimpa sur son bureau et se mit à crier "Dieu est mort! Dieu est mort! Dieu est mort!" à plein poumons. Ce fut alors au tour de mes camarades d'être estomaqués : Trang redescendit calmement, rajusta sa tenue et nous annonça qu'un commentaire de trois pages sur ce sujet devait être remis la semaine suivante, puis quitta la classe sans mot dire. J'étais séduite, fascinée, c'était le coup de foudre.

J'appris par la suite qu'il était né à Saïgon en 1964 et qu'il avait immigré au Québec avec sa famille en 1975. Il enseignait la philo dans ce collège depuis cinq ans et était reconnu pour ses provocations. Tous ses anciens étudiants s'entendaient pour louer ses qualités pédagogiques, malgré la sévérité de sa correction. Jamais Trang n'eut d'élève plus assidue: j'étais toujours assise en classe au premier rang, j'allai chaque jour poser des questions à son bureau, je l'attendais à la sortie des classes. Je faisais tout en mon pouvoir pour attirer son attention, des oeillades meurtrières au décolleté plongeant. Si bien qu'après l'examen de mi-session, il m'invita à passer le week-end à son chalet dans les Laurentides, où je fis l'amour à un homme pour la première fois de ma vie.

Ma relation avec Trang fut intense et riche en nouvelles expériences. Je lui doit premièrement d'avoir découvert l'anarchisme. Il me fait lire Bakounine, Kropotkine, Proudhon, et surtout Stirner, qui est mon second coup de foudre intellectuel. L'Unique et sa propriété devient rapidement mon livre de chevet. Trang était aussi un apologue de la bisexualité. Je connus bien des aventures très particulières pendant le court moment de notre relation. Vers la fin de l'année scolaire, au moment où il sentit qu'il n'avait plus grand'chose à m"apprendre, Trang se met à jouer les Pygmalion avec une autre étudiant. Le jour où je le surpris dans son bureau en train de se faire sucer par cette petite allumeuse fut celui où je le plaquai définitivement.

Les examens terminés, sans emploi et en peine d'amour, j'eus le même réflexe que ma mère et partis me jeter dans la bras de la Chine pour oublier mon amant. Je visitai Hong -Kong, Shangaï, Nankin, Hsi-Han et Beijing en compagnie de Nadine et Marie, maintenant habituées de me ramasser à la petite cuiller après un échec amoureux. J'en garde encore aujourd'hui, les sons et les odeurs...

De retour en classe en septembre, Je m'impliquai dans le journal du collège. J'y tins une chronique consacrée aux arts visuels, où je me permettais certaines incartades philosophiques. J'eus plusieurs prises de becs avec les petits-bourges-pseudo-intellos du journal, divisés en deux camps ennemis à l'occasion du référendum sur la souveraineté. En bons curés, les plus bêtes d'entre eux me pressèrent de prendre position, de me ranger définitivement derrière un des deux drapeaux. Le nationalisme me faisant viscéralement horreur (qu'il soit québécois ou canadien), je refusai obstinément de bêler avec le troupeau et fondai l'Association des étudiants québécoises métisses chinoises bisexuelles et végétariennes pour l'abstention, dont j'étais l'unique membre. Lors d'un débat sur la question, je tentai d'expliquer à l'assemblée que l'État est le plus froid des monstres froids et qui si les référendums changeaient quoi que ce soit, ils serait interdits par la loi, mais je ne recueillis que sarcasmes et incompréhension. Conclusion: la politique rend l'homme semblable à la bête et parfois même le fait mourir.

Je fêtai la fin de mes études collégiales par un voyage en France. J'y renouai avec Julie et fis connaissance de son amante, Aurélie. Je visitai Paris, le Pays de la Loire, la Normandie, la Bretagne, l'Alsace et le Midi. Julie et Aurélie me convainquirent de m'inscrire avec en philo à l'université, ce que je fis dès mon retour au Québec.

Surveillez les prochaines mises à jour pour lire la suite de cette bio!

EDIT : Excusez-moi, j'ai posté le message avant de l'avoir fini sans le faire exprès .

Elle tenait aussi un journal intime en ligne dans lequel elle contait sa vie. Puisque sa biographie est douteuse, il est raisonnable de penser qu'il ne doit pas y avoir grand chose de vrai. Or, il est possible avec un peu de recherche de confirmer l'existence de certains des personnages dont Jean-Philippe Berthold, un intellectuel gauchiste bizarre qui avait inventé une idéologie obscure du nom de communautisme. Il avait partagé le site de Anne Archet sur son site web, nous laissant croire qu'ils étaient belle et bien en contact.

Quatrièmement, « Anne Laberge » est peut-être son vrai nom. Sur son site, elle a mis le lien d'un de ces anciens enseignants, un historien anarchiste, Simon Lapointe. Sur le Forum de Simon, il y a une certaine « Annie Laberge » qui demande à quelqu'un de lui recommander une biographie de Kropotkine, un écrivain anarchocommuniste. C'est ténu, mais ça reste quelque chose.
 
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Sondermemehandlung

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C'est encore vivant doctissimo?

Oui, et son fondateur Laurent Alexandre est un énorme troll sur Twitter.


Il a posté la carte des QIs dans le monde en fonction de la race en appelant à ne SURTOUT PAS la diffuser lol.
 

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